Élections syndicales: un débat inégal au campus nancéien de Sciences Po

Les 15, 16 et 17 mars auront lieu les élections de Sciences Po par vote électronique.

Elles concernent le Conseil de l’Institut, ancien Conseil de direction (8 sièges sur 31 pour les étudiants), qui donne un avis sur le budget et l’orientation de la FNSP ainsi que le Conseil de la Vie étudiante (8 sièges sur 18 pour les étudiants), anciennement Commission paritaire.

Publié le by Eric Berlemont (author)

Logos de l'UNEF et de L'UNI

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Solidaires étudiants  et l'Alliance étant cruellement absents, le débat a opposé l’UNEF Sciences Po (gauche), organisateur de l’événement, à son adversaire traditionnel l’UNI-MET (affiché à droite) pour qui l’exercice s’est révélé légèrement laborieux et gênant. Après avoir brièvement expliqué les subtilités du vote et le nouveau fonctionnement de Sciences Po Paris, le représentant du syndicat UNEF, Josselin Marc, et de l’association de loi 1901 UNI-MET, Lennart Vazzoler (refusant le caractère gauchisant de syndicat), ont échangé tour à tour sur des sujets tels que les frais de scolarité, l’avenir des campus et le caractère élitiste de Sciences Po.

Pour Lennart Vazzoler, la priorité est de défendre le modèle de Sciences Po, celui d’une grande école. Il considère que la valeur du diplôme baisse parce qu’il y autant, si ce n’est plus d’admis pour moins de postulants, et que leur niveau est globalement inférieur. Ainsi pour compenser cette baisse générale de niveau, il propose de revaloriser le Master, de préserver le concours d’entrée et d’étendre les heures d’ouvertures des bibliothèques.

L’UNI souhaite ainsi instaurer trois types de collèges universitaires en renforçant les bi-cursus et les formations professionnalisantes, et affirme clairement son opposition aux procédures CEP (Convention d’éducation Prioritaires) en remettant en cause le principe de discrimination positive. Le représentant associatif, Lennart donc, tout en réaffirmant son soutien implacable à l’idée de mérite républicain, reproche aussi à l’UNEF de vouloir supprimer le concours d’entrée. Ce qu’ils contesteront.

Josselin Marc dit vouloir axer la campagne de l’UNEF sur six thèmes : réformes des frais d’inscription, intégration des étudiants internationaux, lutte contre les discriminations, écologie, pédagogie et financement des associations. Il rappelle en  outre qu’entre 2012 et 2014, la FNSP a connu un excédent de 10 millions d’euros, mais que dans un même temps, les frais d’inscriptions ont augmenté de 500 000 euros par an.  L’UNEF dénonce de ce fait l’accroissement perpétuel des frais d’inscription, et souhaite une linéarisation des frais d’inscriptions afin de survenir au problème de l’effet de seuil (l’effet selon lequel dans une même tranche assez large des personnes n’ayant pas les mêmes revenus vont payer la même somme).  A terme,  il s’agit  pour l’UNEF, d’atteindre une gratuité totale de l’enseignement supérieur qui serait financée par les impôts.

Quant à l’avenir, aucun des deux syndicats ne semble inquiet quand à une suppression des campus, notamment pour le cas nancéien. Pour Josselin Marc, tant que les étudiants conservent de bonnes conditions d’études, il n’y a pas de raisons à s’opposer à la délocalisation du premier cycle à Reims, mais s’interroge néanmoins sur certains aspects techniques comme la capacité de Sciences Po à pouvoir déplacer ses administrations. Afin de pouvoir mieux répartir les conférences essentiellement concentrées à Paris (du moins les plus prestigieuses), l’UNI soutient l’idée d’un partenariat Sciences Po-SNCF pour permettre aux étudiants d'en bénéficier.

Si ce débat avait pour objectif d’informer les étudiants sur la structure administrative de Sciences Po et de confronter les programmes des deux syndicats, il a été néanmoins et assurément dominé par les arguments de l’UNEF, grâce à l’expérience de son président présent à cette occasion. Le représentant local de l’UNI, quant à lui, et de son propre aveu, n’était peut-être pas suffisamment préparé, ou bien même au coeur d’un débat organisé par l’UNEF face à un public plutôt hostile, comme piégé.

"Josselin Marc rappelle en  outre qu’entre 2012 et 2014, la FNSP a connu un excédent de 10 millions d’euros, mais que dans un même temps, les frais d’inscriptions ont augmenté de 500 000 euros par an."

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