Des étudiants du campus s'engagent pour le patrimoine local

Le projet, soutenu par l’association de Sauvegarde de l’art Français et patronné par l’Elysée et l’Unesco, concerne justement des œuvres ne bénéficiant la plupart du temps pas de la protection d’un musée et qui ont besoin d’être restaurées.

Publié le by Élise Mazurié (author)

Au départ initié par la Sauvegarde de l'Art Français, une association dont l'objectif est de porter secours au patrimoine national français, le projet a pris de l'ampleur en peu d'années et un partenariat avec l'Ecole du Louvre puis avec Sciences Po est né. Depuis cette année, des étudiants en master à Sciences Po Paris conseillent individuellement des équipes sur chaque campus. C’est la première année que des étudiants du campus de Nancy y participent, et cette année, ce sont donc Juliette, Joanne, Julie, Roman et Tom qui vont parrainer deux œuvres en organisant leur restauration. Cela prendra du temps, et le résultat final ne sera probablement obtenu que dans plusieurs mois, et ce sont alors les actuels 1A qui verront les fruits de leur travail, mais qu’importe, puisqu’à chaque étape, l’équipe ressent les avancées concrètes de ce projet qui aura des répercussions concrètes sur la région.

Le but n’est pas, quand on restaure des œuvres, de les reconstituer à l’identique de l’origine, mais bien de permettre leur conservation pour les générations futures sans occulter les transformations qu’elles ont subies et qui font partie de leur histoire.

 

Pour la première, il s’agit de deux bénitiers accrochés au mur de l’église de Neuviller-les-Badonvillers (à une demi-heure au sud-est de Lunéville). Bénitiers accrochés au mur d’une église détruits verre en pâte bleu soufflé typique de la technique de Daum, une des principales figures de l’Art Nouveau à Nancy.

Quant à la deuxième œuvre, il s’agit d’un ciboire (objet rituel utilisé lors des Cènes symboliques dans l’Eglise catholique) à l’histoire particulière : pendant la Première Guerre Mondiale, des soldats allemands l’ont transpercé de balles. Il a pu finalement être protégé par une sœur qui le cacha pendant le reste du conflit. Dans les années 20, l’objet fut instrumentalisé à des fins de propagande antiallemande avant de tomber dans l’oubli. Actuellement, le ciboire se trouve à l’Ecole de Chaillot (Cité de l’architecture et du patrimoine), au 1 place du Trocadéro à Paris où se déroule l’exposition « 14-18 : Le patrimoine s’en va en guerre ». Cette exposition, partenaire de la Mission du Centenaire de la 1ère Guerre Mondiale, interroge le rapport des artistes à la guerre et la répercussion sur leur conception de l’identité et leur œuvre. Le tissu qui recouvrait le ciboire et le tabernacle correspondant sont trop abîmés pour être restaurés.

L’arrière-petit-fils de Daum a contacté les étudiants du campus de Nancy et leur a proposé de financer une partie. Cependant, pour le ciboire comme pour les bénitiers, la restauration nécessite d’importants fonds. Une grande partie du projet consiste donc en la levée de ces fonds. Il faut contacter des potentiels mécènes, qui peuvent être des fondations, des entreprises, des particuliers, …

Une plateforme de crowdfunding (financement participatif), dont vous trouverez le lien , a également été mise en place.

Toutes les équipes des différents campus de Sciences Po portent solidairement leurs différents projets comme un tout, ce qui leur a aussi permis de se rencontrer dans un autre cadre que celui de la compétition. Ici il s’agit avant tout de coopérer, voire même de se soutenir les uns les autres, par exemple si les uns ont un surplus financier et les autres manquent de moyens pour mener leur projet à bout.

Cette expérience leur permet de mettre en pratique leurs connaissances en Histoire de l’Art et de s’engager pour la région et ses habitants en apprenant dans un même temps à mieux connaître son patrimoine et à y donner accès.

Et si le plus grand musée de France était virtuel ?

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