Le fabuleux destin du T-shirt

Le fabuleux destin du T-shirt

Que quelqu’un ose me dire qu’il n’est pas concerné ? Tout le monde aime, porte, lave, transpire dans le T-shirt.

 (photo: Philippe Pernot)
(Photo: Philippe Pernot)

Publié le by Victor Bernard (author)

Symbole de notre pop culture donc de notre société de consommation, il est un emblème de style. A ceux qui le croient démodé, old school, sans forme et “facile”, je répondrai: “non Aubin ce n’est pas si aisé, si banal de porter un T-shirt”. Le T-shirt est la plus pure incarnation de votre personnalité. Il peut tout montrer (culturistes et autres adeptes du sport par ici) ou tout cacher (mesdames il faudrait quand même songer à oublier cette mode so 1990 des robes T-shirt qui paraissent toujours plus peignoirs que sex-bombs).

A la base, le T-shirt était en tricot de coton et servait à rendre les marins de la Royal Navy présentables devant la reine Victoria. Très vite copiée par les américains qui décidément, niveau fringues, n’inventent rien, cette “chemise en T” servit à protéger les muscles saillants des soldats de l’US Navy des frottements de leurs lourds uniformes. C’est par  le  biais de ces soldats qui l’utilisaient comme sous-vêtement que le T-shirt prendra son envol dans l’entre-deux-guerres avec l’essor du sport qui rendra ce si simple vêtement essentiellement pragmatique.

Et puis, bon, James Dean, Marlon Brando donneront au T-shirt blanc une image tellement sexy que certains de leurs successeurs autoproclamés comme Johnny Depp, même la cinquantaine passée, en portent encore. Le T-shirt s’imprimera grâce à des progrès technologiques comme le transfert, technique apparue dans les années 70 qui consiste à coller un motif sur le tissu à l’aide d’un fer à repasser. A l’époque encore très moulant dans le but de rendre les mâles toujours plus virils, c’est sous cette forme destinée à leurs chers et tendres que les femmes verront le marché du T-shirt s’ouvrir à elles, mais ces dernières profiteront de la libération sexuelle du tournant des seventies pour donner de l’ampleur, littéralement, au vêtement en question. Le torturant jusqu’à le porter au milieu des années 80 manches au poignet alors qu’elles avaient toujours été prévues courtes, les femmes ont radicalement modifié l’appréhension du T-shirt en faisant de l’habit utile un véritable outil d’expression de style et de personnalité. Pour mesdames, son adoption en fût d’autant plus accélérée que son élasticité leur évitait de modifier entièrement leur garde robe à l’arrivée d’un heureux évènement.

Aujourd’hui, de pair avec le jean auquel il s’associe souvent, le T-shirt est l’un des vêtements les plus vendus et les plus portés sur la planète ( 2 milliards par an). Mais ne vous fiez pas à son prix dérisoire, la conception d’un T-shirt nécessite l’utilisation de 2500 litres d’eau et 1.3 kilogramme de coton. Longtemps associé au travail des enfants en Asie du sud-est, le marché écologique a depuis longtemps mis un pied dans l’industrie et des modèles souvent beaucoup plus chers mais également beaucoup plus respectueux de la nature et des êtres humains sont désormais en vente.

Côté luxe, il faut reconnaître que si le T-shirt est parfois aussi absent des podiums des collections que Dijon de celui des Collégiades, certains créateurs s’emploient cependant à lui redonner quelques lettres de noblesse, notamment dans les années 90 où l’inspiration de la rue dominait tous les défilés. Pour l’été prochain, c’est la maison Saint Laurent qui, en réinventant le grunge, relance la robe T-shirt ultra ample.

Sciences Po Nancy représente une mine de talents en matière de création de T-shirts. Vous vous en apercevrez lors des Collégiades où la majeure partie des nancéennes expérimentent leurs ciseaux, ce qui provoque parfois des défilés de lambeaux assez remarquables.

Et puis, bon, James Dean, Marlon Brando donneront au T-shirt blanc une image tellement sexy que certains de leurs successeurs autoproclamés comme Johnny Depp, même la cinquantaine passée, en portent encore.

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