Il était une fois le jeans…

Il était une fois le jeans…

Le jeans. On n’y pense même plus, il est devenu une évidence, un automatisme dans notre garde-robe. Tellement omniprésent, tellement commun que l’on en vient même à l’oublier voir à le malmener et pourtant il est bien plus qu’une simple étoffe. Il est à la fois histoire, acte politique et poupée russe (ou recueil de mots anglais incompréhensibles).

Jeanne Richard rédactrice mode du Parvenu  (photo: )
Jeanne Richard rédactrice mode du Parvenu (Photo: )

Publié le by Jeanne Richard (author)

 

Pourquoi poupée russe ? Parce que : Acid Washed, Black, Bleached, Brut, Stone washed, Stone bleached, Surteint, Used, Bio, Ethique, Stretch, Waxed, Selvage, Dry, Overdyed, Oz. ou encore Straight Legs, Slim, Skinny, Flare, Bootcut, Wide Legs, Boyfriend, Baggy, Comfort. Et pour les plus téméraires : Rise, Tapering Legs, Unfinished Hems, Zip Fly, Flap Pocket. Vous l’aurez compris (ou peut-être pas), à la manière des poupées russes, il se cache, sous la grande poupée dénommée « Jeans » un ensemble infini de sous-catégories.  Aujourd’hui, le consommateur lambda, à la recherche d’un couvre-fesses décent se voit confronté à un large panel de déclinaisons de formes, de tailles, de couleurs et de matières alors qu’hier, le jeans n’était qu’un simple vêtement de travail réservé aux hommes.

 

Pas plus tard qu’en 1889, The Lee Company devient innovateur en la matière et se spécialise dans la commercialisation du jeans, très populaire au sein de la classe ouvrière mais ce n’est que dans la deuxième moitié du XXe siècle que le jeans s’affirme en tant que vêtement à la mode. À l’issue de la Seconde Guerre mondiale, c’est en Europe que l’on écoule les surplus américains. Et ça marche !

Dans les années 50, le jeans symbolise une nouvelle génération en révolte, incarnée par les brillants Marlon Brando et James Dean. Associé au garçon « mauvais genre », on en vient même à l’interdire dans les écoles. Après tout, il est vrai que le jeans rend insolent et mauvais élève !

 

Il n’aura suffit que d’une décennie suite à sa popularisation pour que survienne une révolution sur fond de mouvement hippie. Le simple jeans bleu devenu trop ennuyeux, on le customise en variant les couleurs, les formes, on y ajoute broderies, rapiècement et franges, on le peint, on le coupe, on y met du bling et du bling, des signes de « paix et amour ». Dans les années 70, les variations de forme ont conduit à une tendance d’allongement du bas de la jambe : c’est la naissance du mythique « patte d’eph ».

À cette époque, chaque jeans est unique. Il devient le reflet de la personnalité et des aspirations et signe d’appartenance à cette jeunesse en quête de nouveauté.

Pour les plus sages, on assiste par la suite au retour de la forme droite taille haute (cf. photos de nos parents, très vintages). Parallèlement, le mouvement punk fait naître un nouveau concept, encore actuel de nos jours : le jean slim. Faisant office de « seconde peau », il épouse la silhouette pour le meilleur et pour le pire.

 

Quel avenir pour le jeans ?

Dans Les Nouvelles Souffrances du jeune W., pièce de théâtre et roman de l’allemand Ulrich Plenzdorf, dressant le portrait de la jeunesse en RDA, on peut y lire que « Le jeans, c’est un comportement, pas un vêtement ». Diriez-vous de même de vos chaussettes ?

Le jeans est un des rares vêtements à s’être imposé à l’unanimité à travers le monde, à un tel point que l’on en est même venu à l’intérioriser. J’en suis donc persuadée, le jeans vaincra vents et marées, leggings et joggings. Et il aura beaucoup d’enfants.

"Après tout, il est vrai que le jeans rend insolent et mauvais élève !"

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