Sciences Punk

La chronique mode de Jeanne Richard

De toutes les modes, à prendre au sens large du terme, le mouvement Punk des années 70 est un des plus politisé, oscillant entre multiples désignations allant de « courant artistique » à « idéologie ». Mélange d’anarchisme, de marxisme et d’altermondialisme, le mouvement Punk a su séduire par le vaste choix protestations et les différents forfaits anti-système proposés.

Soirée Punk (photo: )
Soirée Punk (Photo: )

Publié le by Jeanne Richard (author)

Dans le contexte de la fin de la guerre du Vietnam et du scandale du Watergate s’amorce une profonde volonté de changement, portée par une jeunesse en quête d’identité. Le club du CBGB (Country, Bluegrass, Blues and Other Music For Uplifting Gormandizers – club mythique de New York) voit défiler au courant de l’année 1974 une nouvelle génération d’artistes, apportant de nouveaux éléments au paysage musical de l’époque. Malcom McLaren, le Christophe Colomb des Punk, exporte le concept en Angleterre dans la boutique, joliment appelée « Sex », qu’il tient avec Vivienne Westwood. Sur fond de crise économique, de politique sociale déplorable et -cerise sur le gâteau- d’un fort chômage chez les jeunes, le mouvement se développe en deux temps trois mouvements jusqu’à atteindre le paroxysme du comble de l’apogée du succès dans les années 75-80. Le rock, jugé trop conventionnel se voit détrôné au profit d’une musique dissonante voire violente, en rupture avec la conception même de la musique harmonique comme symbole du système établi. La musique punk, emblématisée par les Sex Pistols, a, dès lors, préparé le terrain pour une contestation bien plus générale.

Sex Pistols

Sex Pistols

Le mouvement Punk, avant d’être une mode, correspondait bien plus à une réponse concrète face à une réalité sociale et à une nécessité économique avec notamment la mise en place du troc, des friperies, les surplus. La génération prolétaire britannique, en s’inspirant de la philosophie nihiliste, en a fait un mouvement anti-système, se laissant volontairement marginaliser par l’emploi de la violence, par la revendication de l’anarchie et enfin par une attitude provocatrice agressive.

La mode Punk est alors devenue le manifeste d’une appartenance idéologique au mouvement de « raz-le-bolisme », les mots laissant place aux jeans déchirés, aux badges, aux bretelles, aux menottes, aux chaîes, aux cadenas, aux épingles à nourrice, aux clous et aux rats. Oui, vous avez bien lu : sachez désormais qu’avoir un rat domestique que l’on porte sur l’épaule est anti-système. En bons détracteurs de la société de consommation, le fait-maison prend de l’importance, seulement on ne cherche pas l’esthétisme mais la décadence, les coutures se veulent grossières, les matières brutes et les symboles politiques arborés parfois inappropriés (port de l’étoile de David ou de la croix gammée). Si les crêtes iroquoises frôlent le ridicule, c’est parce que l’autodérision est reine. Il en va de même pour les piercings en masse, symboles d’une tendance à l’autodestruction.

Seulement, en laissant une totale liberté à l’interprétation individuelle, le mouvement Punk a (malheureusement) contribué à sa propre mort, laissant tout une ribambelle de mouvements autonomes se développer (emo, cyberpunk, gothic).

Doit-on regretter les punks ? N’est-ce pas ce qui manque aujourd’hui, un mouvement qui ne se dit pas seulement anti-système mais qui l’est de la moelle jusqu’au bout des ongles ? A chacun de se poser la question, en ce qui me concerne, je dois avouer que l’idée d’avoir un rat domestique sur l’épaule ne me séduit pas plus que ça.

La mode Punk est alors devenue le manifeste d’une appartenance idéologique au mouvement de « raz-le-bolisme », les mots laissant place aux jeans déchirés, aux badges, aux bretelles, aux menottes, aux chaînes, aux cadenas, aux épingles à nourrice, aux clous et aux rats.

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